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[Gabon-Société] Excédées par les délestages à répétition, les populations du PK 13 paralysent pacifiquement la Nationale 1

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Le lundi de Pentecôte, aux premières heures du mardi 26 mai 2026, les riverains du parcours kilométrique 13, entre Bikélé et Essassa, dans la commune de Ntoum, ont franchi le seuil de l’exaspération. Animés d’une colère sourde mais déterminée, ils ont choisi d’ériger des barrages sur la Route Nationale 1, exprimant ainsi, dans un calme résolu, leur ras-le-bol face à des coupures d’électricité qui s’étirent désormais sur plus de quatre jours consécutifs.

La question de l’approvisionnement en énergie au Gabon demeure un sujet volcanique, prompt à embraser les esprits. Si la capitale Libreville compose, depuis plusieurs mois, avec un système de délestages tournants devenu tristement routinier, la situation a brutalement basculé à la suite d’un sinistre d’une particulière gravité : un incendie dévastateur a ravagé les tableaux de commande du poste source d’Owendo, mettant à genoux l’ensemble du réseau alimentant les zones de Bikélé, d’Essassa et la commune d’Owendo.

Le résultat est cinglant : des quartiers entiers plongés dans l’obscurité totale pendant trois à quatre jours d’affilée, sans perspective de rétablissement à court terme. Une privation que les populations, à bout de nerfs, refusent désormais de subir en silence.

Des préjudices concrets et insupportables

Au-delà du simple inconfort, c’est un cortège de pertes matérielles et de privations quotidiennes que dénoncent avec véhémence les sinistrés de cette panne prolongée. Les congélateurs, rendus inopérants, livrent en pâture à la chaleur équatoriale des denrées alimentaires chèrement acquises. Les fers à repasser restent désespérément froids. Et lorsque tombe la nuit, la touffeur étouffante de la saison rend le sommeil quasi impossible, transformant chaque foyer en fournaise.

Face aux explications — jugées insuffisantes — de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), les victimes ne décolèrent pas. Nombre d’entre elles dénoncent non seulement la destruction de leurs biens, mais également l’absence de toute mesure compensatoire digne de ce nom.

La SEEG se défend, les populations ne désarment pas

Dans un communiqué diffusé le 25 mai 2026, l’opérateur public s’est fendu d’une mise au point laconique :« Un incendie survenu ce samedi 23 mai 2026 à 16h30 au niveau du local 20 kV du poste source d’Owendo entraîne actuellement une interruption de l’alimentation en électricité à Owendo, Bikélé et ses environs. Les équipes techniques sont mobilisées pour un rétablissement progressif de la fourniture en électricité. »

Si la SEEG assure que ses brigades d’intervention sont à pied d’œuvre, cette promesse de rétablissement « progressif » sonne creux pour des familles qui comptent les heures dans le noir. Le mouvement de protestation du PK 13 illustre, une fois de plus, la fracture béante entre le discours institutionnel et la réalité vécue par les Gabonais ordinaires.

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