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Barka Tolorom en feu : Plusieurs soldats tchadiens tués et de nombreux blessés par Boko Haram

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La nuit du 4 mai restera gravée dans la mémoire douloureuse du Tchad. Dans l’obscurité des marécages du lac Tchad, la nébuleuse jihadiste Boko Haram a de nouveau frappé avec une férocité implacable, s’abattant sur la base militaire de Barka Tolorom dans un assaut coordonné qui a coûté la vie à au moins vingt-quatre soldats tchadiens. Une saignée supplémentaire sur un front que l’armée prétendait avoir pacifié.

Dans la soirée du lundi 4 mai, des combattants de Boko Haram ont lancé un assaut dévastateur contre la base militaire de Barka Tolorom, sur la rive tchadienne du lac Tchad. Le bilan est lourd : selon un responsable militaire, l’attaque a fait 25 morts et 46 blessés dans les rangs de l’armée tchadienne. Un responsable administratif local, tout en confirmant l’offensive, retient prudemment le chiffre de 24 morts — divergence de comptage qui, en soi, témoigne du chaos qui a régné cette nuit-là.

Après une riposte des forces tchadiennes, l’attaque aurait été repoussée. L’état-major assure qu’un nombre significatif de combattants jihadistes a été neutralisé, que du matériel a été récupéré et que les opérations de ratissage se poursuivent. Des déclarations sécurisantes qui sonnent pourtant comme un aveu d’impuissance face à une menace que l’on annonçait vaincue.

La promesse trahie de l’opération Haskanite

Ce carnage intervient dans un contexte particulièrement embarrassant pour N’Djamena. En octobre 2024, une attaque similaire contre une base militaire du bassin du lac Tchad avait déjà fauché une quarantaine de soldats tchadiens. En représailles, le président Mahamat Idriss Déby Itno avait solennellement lancé l’opération Haskanite, censée « anéantir la capacité de nuisance de Boko Haram ». L’armée tchadienne avait proclamé la clôture de cette contre-offensive en février 2025, affirmant que le groupe jihadiste n’avait désormais « plus aucun sanctuaire sur le territoire tchadien ».

Quinze mois plus tard, Boko Haram massacre vingt-quatre soldats dans leur propre base. La réalité fracasse le discours officiel avec une brutalité sans fard.

Sur le terrain, les stigmates de l’insécurité chronique sont poignants : à Ngouboua, une classe de CM1 ne compte plus que douze élèves ; à Fitiné, le marché local n’ouvre plus que deux matinées par semaine. Ce sont les visages silencieux d’une guerre que les communiqués militaires ne sauraient dissimuler.

Un lac devenu cimetière

vaste étendue de marécages et d’îlots éparpillés entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad — s’est mué en bastion jihadiste abritant à la fois les combattants de Boko Haram et ceux de son rival, le groupe État islamique en Afrique de l’Ouest. Ces derniers mois, les attaques se sont intensifiées, malgré les opérations militaires répétées et les déclarations triomphantes de N’Djamena sur le démantèlement des bastions ennemis.

Sur Facebook, le président Déby s’est indigné, dénonçant une « attaque lâche » et promettant de « poursuivre la lutte avec une détermination renouvelée, jusqu’à l’éradication totale de cette menace ». Des mots puissants — les mêmes que ceux qui précédèrent l’opération Haskanite.

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