Gabon : le 30 août vu par le pasteur Georges Bruno Ngoussi, entre ferveur spirituelle et interpellation des autorités

Libreville, Gabon — Alors que l’ensemble des provinces du pays commémorait le 30 août, l’homme de Dieu et figure engagée de la société civile Georges Bruno Ngoussi a officié, ce dimanche, une cérémonie empreinte de gravité et d’émotion en l’église Nazareth, dont il est le pasteur. Devant une assemblée de fidèles et un parterre d’invités de marque, il a laissé éclater sa satisfaction tout en lançant un vibrant appel aux plus hautes autorités du pays : replacer les besoins vitaux des populations au cœur de l’action publique.

Pour bon nombre de Gabonais, revenir sur la libération du pays reste un exercice hautement émotionnel. Pour les fidèles les plus assidus, cette date franchit un cap supplémentaire : elle devient un événement à part entière sur le plan spirituel. Le pasteur Georges Bruno Ngoussi l’affirme sans détour : bien avant que le 30 août ne devienne cette date charnière, il en aurait eu la révélation. Ses prêches antérieurs en porteraient la trace, preuve, dit-il, d’un authentique don de prophétie.

« La symbolique du 30 août, comme je le disais tout à l’heure, découle d’une visitation spirituelle. Dieu a visité ses enfants dans ce pays pour leur annoncer les changements à venir à la tête de l’État. Fort de ces appels et de ces directives, nous avons compris que le 30 août ne pouvait se limiter à une libération ou à une fête politique», a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « il porte aussi une dimension spirituelle majeure. À travers cette date, Dieu a voulu s’adresser aux Gabonais, les inviter à s’unir et à le reconnaître. C’est pour cela que nous sommes réunis aujourd’hui : pour lui rendre grâce et le remercier de ce qu’il a accompli dans notre pays. »

L’Église, actrice à part entière de la commémoration nationale

Interrogé sur la place de l’Église dans cette célébration, le pasteur livre une lecture nourrie de références bibliques :« Il est écrit : « Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux et je guérirai son pays. » C’est Dieu qui parle ainsi ».

Il insiste : « À la lumière de cette parole, Dieu tourne son regard vers l’Église : dès lors qu’elle s’empare d’un événement, c’est Dieu lui-même qui s’en saisit. Voir aujourd’hui le corps du Christ rassemblé — chose restée rare par le passé — est le signe que Dieu agit et continue d’agir. C’est un signal fort qu’il adresse au peuple gabonais, pour affirmer que l’Église compte dans cette nation. »

Un appel à la confiance et à l’unité

Le pasteur Ngoussi invite également les fidèles à ne pas juger les événements du moment aux seules apparences, mais à discerner l’action divine dans la durée :« Aujourd’hui, nous retenons le 30 août comme la date à laquelle Dieu a exaucé le peuple gabonais, entendu ses pleurs et changé le cours des choses. Ce que je peux dire au peuple de Dieu, ce matin, c’est que lorsque le Seigneur agit de la sorte, il parle ».

Georges Bruno Ngoussi estime qu’il ne faut pas juger sur l’instant : l’Église ne juge pas selon ce qu’elle voit, mais selon ce que Dieu révèle. « Souvent, on observe l’inverse de ce qui adviendra le lendemain, et l’on se précipite à juger. Le pays vient de connaître un tournant majeur : l’Église voit l’avenir du Gabon, un Gabon prospère, engagé sur la voie d’un développement plus grand. C’est pourquoi l’Église rend grâce à Dieu — et c’est cette gratitude qui encourage le Ciel à donner davantage et à accorder la sagesse à nos dirigeants. »

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