[Gabon] Presse : le journaliste Médard Tounda Youbi enfin libre après près de quatre mois de détention

Le Président du Renaji Serge Aimé Boulingui et Youbi juste quelques instants après sa libération.

Libreville, 14 août 2026 — Soulagement dans les rédactions gabonaises. Le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI) a annoncé, le vendredi, l’élargissement de son confrère Médard Tounda Youbi, écroué depuis le 23 avril dernier à la prison centrale de Libreville, soit trois mois et vingt-deux jours de détention préventive.

Dans une communication signée par sa cheffe de cabinet, Annie Ginette Mapangou, le Cabinet du président du RENAJI salue « une immense joie » et « un profond soulagement » après cette épreuve éprouvante pour le journaliste, sa famille et l’ensemble de la corporation médiatique.

Le journaliste, fondateur du média en ligne Youbi Info Médias, avait été placé sous mandat de dépôt à la suite d’une plainte pour diffamation déposée par la ministre du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des jeunes, Zenaba Gninga Chaning, visée par un article critique sur l’avancement d’un projet gouvernemental. Son incarcération avait suscité une vive indignation au sein de la profession, le RENAJI dénonçant à l’époque un « revirement brutal et inexpliqué » après l’annulation d’une décision de mise en liberté provisoire.

Le RENAJI loue l’unité de la profession

Durant ces mois de mobilisation, le syndicat affirme avoir privilégié une démarche responsable, fondée sur le dialogue et la concertation plutôt que sur l’affrontement. Le Cabinet du président y voit la démonstration éclatante d’une solidarité professionnelle sans faille, rappelant qu’aucun journaliste ne devrait avoir à affronter seul l’adversité.

L’organisation adresse à cet égard sa profonde gratitude à toutes celles et ceux qui, dans la discrétion, ont œuvré à cette issue heureuse, ainsi qu’aux confrères et consœurs qui ont maintenu la pression tout au long du dossier.

Une victoire teintée de vigilance

Si cette libération est accueillie comme un motif de réjouissance, le RENAJI y voit aussi une invitation à poursuivre la réflexion sur la protection des journalistes et la prévention des risques liés à l’exercice du métier. Le réseau réaffirme son attachement au respect des institutions de la République, tout en réclamant un environnement médiatique conforme aux principes de liberté et de responsabilité.

L’affaire Tounda Youbi s’inscrit dans une série d’incidents ayant récemment touché la presse gabonaise, entre interpellations de confrères et alertes répétées des organisations professionnelles sur l’état de la liberté d’informer dans le pays.

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