[Gabon] Réforme de la justice : SOS Prisonniers déplore l’absence de la société civile au séminaire sur la justice de demain

L’organisation non gouvernementale SOS Prisonniers Gabon a exprimé ce mercredi 05 août dans un communiqué de presse son étonnement et son regret après son exclusion du séminaire consacré à l’élaboration de la loi de programmation de la justice 2027-2032. Ouverts à l’École nationale de la magistrature sous la présidence du Vice-Président du Gouvernement, en présence du ministre de la Justice, ces travaux visent à définir les grandes orientations du système judiciaire gabonais à l’horizon 2032.

Placée sous le thème « Quelle justice pour 2032 ? », cette rencontre réunit les principaux acteurs institutionnels autour des réformes attendues pour moderniser l’appareil judiciaire. Pour SOS Prisonniers Gabon dirigé par Lionel Engonga, ancien député de la transition, cette initiative constitue une étape importante dans la transformation de la justice. L’organisation estime toutefois que l’absence des représentants de la société civile affaiblit la portée de cette réflexion nationale.

L’association considère qu’une réforme de cette ampleur ne peut se limiter aux seules institutions publiques. Elle plaide pour une démarche plus ouverte, capable d’associer les organisations de la société civile, les universitaires, les avocats, les défenseurs des droits humains ainsi que les citoyens. Selon elle, ces acteurs apportent une expertise de terrain indispensable à l’amélioration du fonctionnement de la justice.

SOS Prisonniers Gabon rappelle également que l’article 7 de la Constitution consacre le principe de la démocratie participative et reconnaît le rôle de la société civile dans la vie publique. À ses yeux, ce fondement constitutionnel justifie pleinement une participation plus large aux travaux consacrés à l’avenir de l’institution judiciaire.

L’organisation estime que les défis auxquels fait face la justice gabonaise — notamment les lenteurs procédurales, les conditions de détention, l’accès au droit et le renforcement de la confiance des citoyens — nécessitent une approche concertée. Elle considère que seule une réforme construite avec l’ensemble des parties prenantes pourra répondre durablement aux attentes de la population.

À travers cette prise de position, SOS Prisonniers Gabon lance un appel aux autorités afin qu’elles élargissent les concertations en cours. L’organisation réaffirme qu’une justice moderne, crédible et efficace repose sur trois principes essentiels : l’inclusion, la transparence et la participation. Pour elle, répondre à la question « Quelle justice pour 2032 ? » suppose avant tout de bâtir une justice pensée avec tous les acteurs de la Nation.

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