Afrique : Le Tchad annonce son retrait de la Cour pénale internationale

Par Randy Louba

Le Tchad tourne la page. Ce lundi 27 juillet, le gouvernement tchadien a notifié au secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) sa décision de quitter le Statut de Rome. Cet acte fondateur de la Cour pénale internationale (CPI) perd ainsi un nouveau signataire africain.

Le ministère des Affaires étrangères justifie ce choix par un bilan sévère. Il pointe une efficacité « limitée et à géométrie variable » depuis la création de la Cour en 2002. Le communiqué dénonce aussi une « sélectivité indéniable » dans le traitement des dossiers.

https://seneweb.com/fr/news/Afrique/le-tchad-annonce-son-retrait-de-la-cour-penale-internationale_n_499530.html

Les chiffres appuient cette critique. Sur treize enquêtes ouvertes par la CPI, neuf concernent des États africains. Seules quatre touchent d’autres régions du monde. Malgré ce retrait, N’Djamena tempère son propos. Le pays réaffirme son « attachement irréversible » à la lutte contre l’impunité. Il assure aussi vouloir maintenir ses autres engagements internationaux.

Le Tchad rejoint le mouvement de l’AES

Cette annonce ne surgit pas isolément. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso avaient ouvert la voie dès septembre 2025. Ces trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) avaient dénoncé une Cour incapable de juger les crimes les plus graves.

Le Sahel quittera la Cour pénale internationale en juin 2027

Leur retrait deviendra effectif en juin 2027, conformément au Statut de Rome. Ce texte impose en effet un délai de douze mois après notification. Le Tchad suivra probablement le même calendrier.

Une CPI déjà fragilisée par une autre crise

Le retrait tchadien tombe dans un contexte particulièrement tendu pour la Cour. Trois jours plus tôt, l’Assemblée des États parties a démis le procureur Karim Khan de ses fonctions. Cette décision, votée à 82 voix sur 125 États membres, sanctionne une « faute grave » et un « manquement grave aux devoirs de sa charge ».

https://www.letemps.ch/monde/le-procureur-de-la-cour-penale-internationale-karim-khan-releve-de-ses-fonctions

Le magistrat britannique était visé par des accusations d’agression sexuelle formulées par une ancienne collaboratrice. Il a toujours rejeté ces accusations et compte contester la décision. Les procureurs adjoints assurent désormais la direction du Bureau du procureur.

Cette double crise fragilise l’institution basée à La Haye. Elle affronte simultanément une vague de départs africains et une controverse interne inédite.

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