[Gabon – Société]Crise économique des médias : la presse indépendante sonne l’alarme

Réunies à Libreville le jeudi 2 juillet, les principales organisations professionnelles des médias privés gabonais ont haussé le ton. Leur diagnostic est sans appel : le modèle économique de la presse nationale s’essouffle, et avec lui, le pluralisme de l’information est menacé.

C’est un cri d’alarme collectif que viennent de pousser les organisations professionnelles des médias privés du Gabon. Réunies dans une déclaration commune rendue publique jeudi dernier dans la capitale, elles réclament une refonte en profondeur du modèle économique qui régit la presse nationale. Leur constat, documenté et sans détour, pointe une crise structurelle qui fragilise durablement le secteur et compromet, à terme, le droit des citoyens à une information libre, plurielle et fiable.

Depuis des années, les journalistes gabonais s’efforcent, tant bien que mal, de tenir leur mission d’informer. Mais l’irruption des nouvelles technologies, conjuguée à la montée en puissance de l’intelligence artificielle et à la multiplication des canaux de communication, complique chaque jour davantage leur tâche. Dans les pays où la presse occupe pleinement son rang de quatrième pouvoir, les rédactions parviennent, non sans mal, à subsister grâce à la publicité et aux dons. Au Gabon, ce filet de sécurité reste largement absent.

Une subvention jugée insuffisante

Le retour de la subvention publique à 500 millions de francs CFA constitue certes une avancée que les organisations signataires ne remettent pas en cause. Mais ce montant apparaît désormais dérisoire au regard de l’essor des médias privés et de l’absence d’une politique claire en matière de publicité institutionnelle. Rares sont les rédactions qui parviennent à accéder à ces ressources publicitaires, alors même que les canaux ne manquent pourtant pas. La subvention, en l’état, ne saurait constituer l’unique source de revenu d’un secteur en quête de viabilité.

Des acteurs essentiels de la démocratie

Dans leur déclaration, les responsables des organisations signataires rappellent que les médias ne sont pas de simples courroies de transmission de l’information, mais de véritables piliers de la démocratie, du développement et du contrôle citoyen de l’action publique. Selon eux, la faiblesse des ressources publicitaires, l’étroitesse du marché local, les secousses de la transition numérique et l’insuffisance chronique des moyens financiers placent aujourd’hui de nombreuses entreprises de presse, publiques comme privées, dans une situation de grande vulnérabilité.

Les signataires martèlent que l’indépendance éditoriale demeure indissociable de la santé économique des médias. Ils s’appuient sur la Constitution gabonaise, garante du droit à l’information, ainsi que sur la Déclaration de Luanda, qui consacre la liberté de la presse comme un pilier fondamental des sociétés démocratiques.

Un collectif uni, une exigence commune

Au-delà de la seule question du modèle économique, il apparaît tout aussi indispensable que les médias se penchent sur l’épineux dossier des conventions collectives. Solliciter un cadre économique plus adéquat est une nécessité ; mais les rédactions notamment La Loupe, L’Aube, Moutouki, Échos du Nord, le Mbandja, Gabon Média Time, Gabon Mail infos, La Médiane, Gabon Review, le Temps, L’Union, dépêches 241, Pyramide Médias, La cigale enchantée, Top infos, Gabon 1 ère , Gabon 24 TV+, Nour TV et bien d’autres gagneraient tout autant à mutualiser leurs forces en mettant enfin en place une convention collective digne de ce nom.

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