[Gabon] Élargissement de la voie de contournement : face à l’inaction de leurs élus, les populations d’Okala prennent les choses en main

C’est dans un contexte de profonde frustration populaire que s’est tenue, vendredi 26 juin 2026 à Okala, la deuxième réunion du collectif des habitants du quartier, élargie aux résidents. Sous la conduite de Pascaline Pata, présidente du collectif des populations d’Okala affectées par le projet d’élargissement de la voie de contournement, cette assemblée a réaffirmé la détermination d’une communauté qui, délaissée par ses représentants élus, a résolu de prendre elle-même en main la défense de ses intérêts.

La démarche du collectif s’inscrit dans un élan civique directement suscité par les propos du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de l’État, qui avait, il y a quelques semaines, interpellé solennellement les élus depuis la tribune du Parlement réuni en Congrès, les exhortant à se rapprocher de leurs administrés et à entretenir avec eux un dialogue nourri et régulier. Un appel resté lettre morte dans les quartiers d’Okala Ciciba, où les populations touchées par les travaux routiers n’ont reçu ni visite, ni concertation, ni réponse de la part de leurs représentants locaux.

C’est précisément ce vide que Pascaline Pata et ses pairs ont choisi de combler. « Le collectif représente les personnes impactées et prend l’initiative de coordonner les actions locales », a-t-elle rappelé en cadrant les travaux de la réunion. Une posture proactive qui contraste saisissamment avec la passivité des élus censés porter les préoccupations de ces ménages auprès des décideurs.

Trois priorités, une méthode rigoureuse

La réunion a permis de consolider la feuille de route du collectif autour de trois axes structurants : sensibiliser les habitants encore non informés des implications du projet routier, recenser exhaustivement les ménages impactés, et constituer un dossier solide et documenté à soumettre aux élus locaux ainsi qu’aux directeurs de projet. Une démarche méthodique qui témoigne de la maturité organisationnelle d’un mouvement citoyen né de la nécessité.

Sur le front des échanges institutionnels, le collectif a adressé des courriers aux autorités compétentes. À ce stade, seules deux réponses ont été reçues — dont celles du commissaire d’Akanda et du vice-président — tandis que les autres destinataires n’ont pas encore daigné se manifester. Le collectif demeure néanmoins dans l’attente de retours complémentaires, affichant une patience que l’urgence de la situation rend chaque jour plus difficile à préserver.

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