[Europe] Vers un partenariat solide entre la FESTAC et la CGT : Richard Ndi Bekoung à la manœuvre

Par une chaleur accablante — 42°C sur les pavés bordelais —, une poignée de main symbolique est venue resserrer les liens entre l’Afrique et l’Europe sur le terrain de la défense des travailleurs. Richard Ndi Bekoung, secrétaire permanent de la Fédération des Syndicats des Travailleurs des Pays Affiliés à la CIPRES (FESTAC), a été reçu ce mardi matin au siège du Comité régional de la Confédération Générale du Travail (CGT) Nouvelle-Aquitaine, à la Bourse du Travail de Bordeaux, par Boris Plazzi, co-responsable de la politique revendicative de l’instance régionale. Une rencontre sobre dans sa forme, mais chargée de sens dans sa portée.

Ce déplacement s’inscrit dans le sillage de la participation de Richard Ndi Bekoung à une conférence internationale sur les droits des travailleurs à Genève. Fort de ce passage par les instances mondiales du dialogue social, le secrétaire permanent — également président du Syndicat des professionnels de la sécurité sociale (Sypross) — a saisi l’occasion pour élargir son réseau et nouer des alliances stratégiques sur le continent européen. Une démarche méthodique qui illustre la stature croissante d’un homme dont la boussole n’a qu’un seul cap : la défense des intérêts des travailleurs.

Créée pour fédérer les organisations syndicales des pays membres de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES), la FESTAC représente les travailleurs affiliés aux systèmes de protection sociale d’une quinzaine d’États africains, principalement d’Afrique centrale et de l’Ouest. Devant ses hôtes bordelais, Ndi Bekoung a dressé le portrait d’une fédération jeune mais déterminée, animée par deux ambitions majeures : consolider la solidarité syndicale internationale — qu’il décrit comme un héritage et une responsabilité partagée — et s’inspirer de l’expertise historique de la CGT en matière de luttes sociales et de justice au travail.

Fondée en 1895, la Confédération Générale du Travail est l’une des cinq grandes confédérations syndicales reconnues en France. Première centrale ouvrière du pays par son histoire et son rayonnement, elle compte plusieurs centaines de milliers d’adhérents et dispose d’une expertise centenaire dans la conduite des luttes sociales, la négociation collective et la formation syndicale. C’est précisément cette expérience accumulée que la FESTAC entend mobiliser au profit des travailleurs africains, en établissant un pont de coopération technique entre les deux organisations.

La réponse de Boris Plazzi n’a pas tardé. Le responsable régional a salué l’initiative et concrétisé immédiatement l’élan en remettant à son interlocuteur les coordonnées du conseiller confédéral en charge de la zone Afrique et DOM-TOM — une passerelle directe vers les instances nationales de la centrale syndicale. Mieux encore, une prochaine séance de travail a d’ores et déjà été actée à Paris, au niveau confédéral, pour définir les contours d’une coopération structurée autour de quatre axes : renforcement des capacités syndicales, échanges d’expertise, appui à la formation et visibilité commune.

Cette rencontre bordelaise ouvre une page inédite dans l’histoire des relations syndicales afro-européennes. Elle consacre la FESTAC comme un acteur crédible sur l’échiquier syndical international et offre à la CGT un ancrage renforcé sur le continent africain. Les deux organisations ont affiché une volonté commune de bâtir une solidarité durable, transcendant, selon les mots mêmes de Ndi Bekoung, « ni frontières, ni continents ».

Prochaine étape : Paris, pour transformer cet élan en architecture de coopération.

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