
Après Dakar et Accra, c’est au tour de Niamey de durcir le ton à l’égard des personnes homosexuelles. Le Niger a, ce jeudi 11 juin 2026, promulgué un nouveau code pénal qui criminalise pour la première fois l’homosexualité, avec de lourdes peines pouvant atteindre 20 ans de prison , assorties d’une amende pouvant grimper jusqu’à 100 millions de francs CFA.
Jusqu’alors, l’homosexualité demeurait un sujet tabou au sein d’une société nigérienne très majoritairement musulmane et conservatrice, sans pour autant faire l’objet d’une incrimination explicite . Le nouveau texte, adopté ce 11 juin, vient ainsi combler ce que de nombreux responsables politiques considéraient comme un vide juridique, en inscrivant noir sur blanc des sanctions pénales sévères à l’encontre des relations entre personnes de même sexe.
Cette évolution législative s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Plusieurs pays africains ont en effet récemment durci leur arsenal juridique à l’encontre des personnes LGBT (DHnet) , traduisant une tendance de fond sur le continent en matière de répression des minorités sexuelles. Niamey rejoint ainsi Dakar et Accra dans ce mouvement de fermeté législative, consacrant une rupture nette avec la tolérance de fait qui prévalait jusque-là.
Cette criminalisation ne survient pas ex nihilo : elle fait suite à plusieurs années de débats internes, la junte militaire au pouvoir ayant déjà entrepris, dès 2025, d’inscrire l’interdiction des pratiques LGBTQIA+ dans la Charte de la Refondation. Le nouveau code pénal vient donc parachever ce dispositif répressif en y adossant, pour la première fois, des peines précises et dissuasives.