
image montée par dépêches 241
L’information, relayée par nos confrères de Dépêches 241 dans leur livraison du 28 mai 2026, a de quoi glacer le sang. Steeve Ilahou, Président du Mouvement Gabon en Action (MGA), figure montante de l’opposition civile gabonaise, affirme être la cible de menaces d’arrestation, émanant, selon ses propres déclarations, de certains éléments de la Direction Générale des Recherches (DGR) et de la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS).
C’est dans une courte vidéo diffusée le 27 mai dernier sur ses réseaux sociaux que l’activiste politique a brisé le silence, la voix manifestement étranglée par l’angoisse : « Je fais cette courte vidéo ce soir pour vous donner une information. Je fais l’objet de menaces à l’heure actuelle — des appels, des messages de gens qui disent que la DGR ou les services spéciaux de la République gabonaise seraient désormais derrière moi pour mon arrestation éventuelle. »
Un jeune opposant dans le collimateur depuis plusieurs mois?
Steeve Ilahou n’a, en effet, jamais dissimulé ses critiques acérées à l’endroit des nouvelles autorités de la transition, dénonçant avec constance une gouvernance qu’il juge incompatible avec les souffrances endurées par les couches populaires gabonaises. Il révèle par ailleurs avoir reçu plusieurs appels téléphoniques sans suite, certains émanant de numéros masqués, et rappelle que les mêmes services l’auraient déjà contacté par le passé pour exiger qu’il mette un terme à son engagement.
« Je reconnais qu’il y a quelques mois, les mêmes services spéciaux m’avaient déjà appelé, et étaient allés jusqu’à me demander d’arrêter cette lutte. » Sa réponse, ferme et sans ambages, traduit une détermination que l’intimidation ne semble pas entamer : « tant que la grande majorité de la population continuera de souffrir, je serai debout. Parce qu’un pays qui regorge d’autant de richesses ne peut condamner un si petit peuple à une pareille misère. »
Une arrestation qui enverrait un signal désastreux
Au-delà du sort personnel de Steeve Ilahou, c’est l’image internationale du Gabon qui se trouverait sérieusement écornée si les menaces venaient à se concrétiser. Le pays, qui a récemment inauguré en grande pompe — et sous le regard attentif de nombreux chefs d’État — une salle dédiée à la Démocratie et à la liberté d’expression, se retrouverait en flagrante contradiction avec les principes solennellement proclamés.
Cette affaire survient, qui plus est, dans un climat politique déjà électrisé par le procès retentissant de Billie Bi Nze, ancien Premier ministre et président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) — une procédure judiciaire qui continue de susciter polémiques et controverses, et dont l’encre n’a pas fini de couler.