
Le retournement de situation est saisissant. Quelques jours à peine après avoir été évincé de la primature, Ousmane Sonko à opéré, ce mardi 26 mai 2026, la reconquête spectaculaire, en récupérant son écharpe de député avant d’être plébiscité à la présidence de l’Assemblée nationale — devenant ainsi le deuxième président du parlement de la 15ème législature sénégalaise.
La scène avait tout d’un couronnement. Devant plus de 30 000 followers suspendus à sa page Facebook, face à un hémicycle pris d’assaut par une foule en liesse et au milieu de ses collègues arborant fièrement des tenues immaculées, l’ancien Premier ministre a fait une entrée triomphale dans la chambre parlementaire. Une mise en scène maîtrisée, à la hauteur du personnage.
Son élection à la tête de l’Assemblée nationale n’a guère surpris les observateurs. Le Pastef, formation dont Sonko demeure le leader incontesté, détient la majorité absolue au parlement. Le vote relevait davantage de la formalité que du suspense. C’est à la suite de la démission de son prédécesseur, que le siège s’est libéré, ouvrant la voie au retour fracassant de l’homme fort du mouvement patriotique.
Mais au-delà du symbole, c’est une configuration institutionnelle inédite et explosive qui se dessine désormais à Dakar. D’un côté, Bassirou Diomaye Faye, maître de l’exécutif. De l’autre, Ousmane Sonko, souverain du législatif. Deux anciens alliés, désormais face à face dans une cohabitation à hauts risques.
Les analystes redoutent déjà un blocage institutionnel aux conséquences imprévisibles. Deux scénarios s’imposent à l’horizon : soit le président Faye prononce la dissolution de l’Assemblée nationale dans les prochains mois, soit la pression politique contraint l’un des deux protagonistes à rendre les armes.
Le Sénégal, régulièrement cité en exemple pour la vitalité de sa démocratie, vient d’entrer dans une zone de turbulences. La bataille des idées, elle, ne fait que commencer.