[Affaire Bilie By Nze] EPG annonce une batterie d’actions pour dénoncer la situation de leur leader maintenu à « sans famille»

En réponse au rejet des demandes de mise en liberté provisoire par la Chambre d’accusation gabonaise, le parti Ensemble pour le Gabon (EPG) a annoncé, lors d’un point de presse tenu le 20 mai 2026, une offensive diplomatique et judiciaire d’envergure internationale pour dénoncer ce qu’il qualifie de détention arbitraire à caractère politique.

C’est la voix posée mais déterminée d’Aimé Mapangou, Secrétaire Général d’Ensemble pour le Gabon, qui a égrené, devant une assistance attentive, le calendrier des prochaines batailles que le parti entend mener sur la scène régionale et internationale. En ligne de mire : la libération de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze, écroué à la prison centrale de Libreville.

Le déclencheur de cette mobilisation accélérée est sans équivoque. Le 15 mai 2026, la Chambre d’accusation a balayé d’un revers de main les deux appels introduits par la Défense — celui contestant le mandat de dépôt et celui sollicitant une mise en liberté provisoire.

Une décision prononcée en dépit des irrégularités procédurales abondamment documentées par les conseils de l’accusé, et notifiée non pas au tribunal de Libreville comme initialement prévu, mais directement dans les murs de la prison centrale — un choix logistique que l’EPG juge symptomatique de l’opacité qui enveloppe ce dossier depuis son commencement.

Une contre-offensive sur trois fronts

Face à ce qu’il perçoit comme un verrouillage systématique de la justice gabonaise, EPG a engagé un cabinet d’avocats internationaux, qui œuvrera en tandem avec les conseils nationaux, pour saisir les mécanismes régionaux et onusiens de protection des droits humains. L’objectif affiché est triple : établir formellement les violations des droits fondamentaux, contrecarrer le narratif officiel qui s’échine à présenter cette affaire comme un simple litige privé entre particuliers, et alerter la communauté internationale sur ce que le parti décrit comme une dérive autoritaire structurelle au Gabon.

Le calendrier des actions

Samedi 23 mai 2026 — Paris : une marche de protestation s’élancera du Trocadéro en direction de l’ambassade du Gabon, pour dénoncer les dérives autoritaires, les incarcérations arbitraires et l’appauvrissement croissant des populations gabonaises. Le vendredi 29 mai 2026, à New York (USA), un sitting solennel sera organisé devant le siège des Nations Unies, ponctué de la remise officielle d’un mémorandum aux instances compétentes. Et le samedi 6 juin 2026 à Rennes, une conférence-débat sera consacrée à l’état des libertés politiques et judiciaires au Gabon. D’autres initiatives — prises de parole dans les médias internationaux, démarches auprès des chancelleries étrangères, interpellations de parlementaires européens seraient en cours de finalisation, précise le Secrétaire Général Aimé Mapangou.

Une affaire jugée «politique», pas un litige ordinaire

EPG martèle avec constance que la détention d’Alain-Claude Bilie-By-Nze ne saurait être réduite à un contentieux banal entre citoyens. L’implication alléguée des services de renseignement dès les premières heures de l’interpellation, la célérité sélective de certaines décisions judiciaires, conjuguées au contexte de répression politique qui prévaut depuis le putsch militaire d’août 2023, confèrent à cette affaire une dimension éminemment politique que le parti refuse de voir étouffée.

« Ni les intimidations, ni les arrestations arbitraires, ni les pressions judiciaires, ni la peur ne feront taire les Gabonais attachés à la justice, à l’État de droit et aux libertés fondamentales », a martelé le Secrétaire Général, Aimé Mapangou, en guise de conclusion. Une déclaration qui sonne moins comme un discours de circonstance que comme un serment de longue lutte.

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