Gabon – Société | Élections professionnelles : Le Graslens dénonce un « hold-up électoral » et annonce la saisine de l’OIT

Ce dimanche 17 mai 2026, à Libreville, Josias Abeigne Bibang, Président fédéral national du Groupe de Réflexion et d’Action des Leaders et Syndicats Soudés de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Supérieur (GRALSENS), a brisé le silence avec fracas. Face à la presse nationale et internationale, réunie aux côtés des bases militantes de la fédération, il a administré un réquisitoire cinglant contre les élections professionnelles du 28 avril dernier, qualifiées sans détour de scrutin frauduleux, illégitime et indigne.

Si plusieurs organisations syndicales avaient déjà exprimé leur désapprobation, le GRALSENS franchit un cap supplémentaire dans la virulence du propos. Pour Josias Abeigne Bibang, le vote du 28 avril ne saurait en aucun cas être assimilé à une élection régulière. Il s’agirait, selon lui, d’un « hold-up électoral », d’un « coup d’État syndical » perpétré au détriment des quelque 27 000 agents publics de l’Éducation nationale. La centrale syndicale pointe notamment la violation délibérée de l’arrêté n°00600/MFPRC/CJ/2026 du 19 avril 2026 — texte pourtant édicté par les autorités elles-mêmes — comme la manifestation la plus éloquente d’un processus entaché dès sa conception.

Le président du GRALSENS a dressé un tableau accablant des irrégularités observées le jour du scrutin : fermeture de centaines de bureaux de vote, absence des bulletins de la fédération dans plusieurs isoloirs, invalidation arbitraire de la candidature du président du SAEG, Jules Bibang, refus de délivrer des procès-verbaux aux représentants syndicaux, affichage des résultats du dépouillement systématiquement esquivé, et ouverture de certains bureaux à 18h — heure à laquelle l’essentiel des électeurs avait déjà regagné son domicile. Des provinces entières, comme le Haut-Ogooué et le Woleu-Ntem, auraient de surcroît procédé à des regroupements de centres et bureaux de vote non conformes aux dispositions réglementaires. Autant de dysfonctionnements que la fédération impute directement aux ministères du Travail, de la Fonction publique, de l’Éducation nationale, ainsi qu’à la Commission nationale des élections professionnelles (CNEP).

Face à ce qu’il considère comme une subversion caractérisée de l’État de droit, le GRALSENS a annoncé la saisine imminente de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en vue de faire reconnaître le caractère illégitime et usurpatoire des organisations syndicales proclamées représentatives à l’issue du scrutin litigieux. La fédération précise qu’elle ne reconnaît, à ce stade, aucune organisation syndicale comme légitimement représentative au sein de l’Éducation nationale gabonaise.

Sans ménager les maîtres d’œuvre du scrutin, le président du GRALSENS s’est également adressé directement au Président de la République, lui rappelant l’engagement solennel de rendre aux Gabonais leur dignité, tout en dénonçant certains « maillons faibles » de la chaîne institutionnelle qui contrecarreraient cet idéal. Un message politique fort, dans un contexte où les syndicats de l’éducation entendent peser davantage sur les réformes socioprofessionnelles à venir.

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