
Libreville, 18 mai 2026 — Dans le cadre de la première étape de sa caravane de sensibilisation inscrite dans le projet Dignité en détention, financé par l’Union européenne, l’ONG SOS Prisonniers, conduite par Lionel Engonga, a lancé ce lundi à Libreville une vaste campagne d’éducation citoyenne au profit des apprenants du lycée Georges Mabignath, en partenariat avec l’Association Réconciliation et la Direction générale des droits de l’homme du ministère de la Justice.
L’objectif de cette initiative : alerter la jeunesse sur les dérives de la violence en milieu scolaire, rappeler les principes fondamentaux des droits humains, mais aussi insister sur les devoirs et responsabilités qui incombent à chaque élève. Face à la recrudescence des comportements agressifs dans les établissements, les organisateurs entendent prévenir plutôt que réparer, en enracinant chez les jeunes une culture de discipline, de dialogue et de respect mutuel.
Prenant la parole au terme de cette première journée, Lionel Engonga, par ailleurs ancien député de la transition a souligné qu’un manquement répété aux règles peut précipiter certains adolescents dans un engrenage aux conséquences lourdes, voire judiciaires. « Personne ne souhaite voir la jeunesse de demain basculer dans l’univers carcéral », a-t-il insisté, rappelant qu’un séjour en prison peut hypothéquer durablement un parcours scolaire et assombrir l’avenir d’un jeune.
Les premiers échanges avec les élèves ont révélé une jeunesse réceptive, disposée à s’exprimer sur ses difficultés, ses frustrations et les mécanismes qui nourrissent parfois les comportements violents. Harcèlement, moqueries, sentiment d’humiliation ou volonté maladroite de se défendre figurent parmi les motivations évoquées. Autant de signaux d’alerte qui, selon les encadreurs, commandent une réponse éducative, préventive et profondément humaine.
Si aucun cas d’incarcération d’élèves n’a été signalé au cours de cette première journée, les organisateurs ont toutefois indiqué disposer, au sein de leur structure, de témoignages d’anciens apprenants passés par l’univers pénitentiaire. Une réalité préoccupante qui renforce, selon eux, la pertinence d’une telle caravane. Car au-delà de la simple sensibilisation, c’est bien une bataille pour la préservation de l’avenir de la jeunesse gabonaise qui se joue.
Prévue du lundi 18 au vendredi 22 mai, cette campagne de proximité ne se limitera pas à Libreville. Elle s’étendra également à plusieurs établissements des communes d’Owendo et d’Akanda, avec l’ambition de porter ce message de prévention le plus loin possible. Pour les initiateurs, il s’agit de susciter une prise de conscience collective sur un phénomène qui fragilise à la fois l’école, la cohésion sociale et l’avenir des apprenants.