
Ce mercredi 13 mai, au terme d’une journée de négociations intenses, les enseignants-chercheurs de l’université Omar Bongo (UOB) ont accepté de suspendre leur mouvement de grève, entamé lundi dernier. Une décision saluée comme un signal fort de la volonté du ministre de l’Enseignement supérieur de désamorcer la crise par le dialogue.
C’est avant tout par l’engagement personnel du ministre que cette accalmie a pu voir le jour. Loin de camper sur une posture d’autorité, la tutelle gouvernementale a choisi d’ouvrir un espace de discussion franc et constructif avec les représentants du Syndicat national des enseignants-chercheurs section UOB (Snec-UOB) et de la Force de réflexion et d’actions pour l’enseignement supérieur (Frapes). Une démarche volontariste qui a visiblement porté ses fruits.
Le bras de fer trouvait sa source dans le non-versement des primes de vacation afférentes au second semestre de l’année académique 2024-2025 ainsi qu’au premier semestre de l’exercice en cours. Une impasse jugée intenable par les enseignants-chercheurs, qui avaient suspendu toutes les activités pédagogiques en pleine période d’examens, paralysant l’institution universitaire la plus ancienne et la plus emblématique du pays.
Si le dialogue a permis d’éteindre l’incendie dans l’immédiat, les syndicats ont tenu à clarifier la nature de cette suspension : il ne s’agit pas d’un renoncement, mais d’un geste de bonne foi, accordé en réponse à la disposition au dialogue manifestée par le gouvernement. Les représentants du personnel ont fixé au mardi suivant la reprise un rendez-vous de vérification : les fonds devront être visibles sur les comptes bancaires des bénéficiaires pour que la paix sociale soit pleinement consolidée.
Un ultimatum clair, certes, mais qui témoigne aussi d’une relation de travail restaurée entre les partenaires sociaux et la tutelle — condition sine qua non de toute sortie de crise durable.
Selon une source proche du dossier, le dénouement pourrait intervenir avant même l’échéance syndicale. Les démarches engagées par le ministère laisseraient entrevoir un déblocage des fonds d’ici le week-end, ce qui permettrait d’enterrer définitivement la crise avant le retour en cours de lundi.
Un scénario qui, s’il se confirme, illustrerait la capacité du gouvernement à transformer le dialogue en actes — et à honorer la confiance que les enseignants-chercheurs ont bien voulu lui accorder.