
Nairobi accueille les 11 et 12 mai le sommet Africa Forward, co-présidé par le chef de l’État français Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto, réunissant plus d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernement autour du thème des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance. Une scénographie soigneusement orchestrée, destinée à incarner le renouveau des relations franco-africaines. Mais la rue, elle, n’a pas joué le jeu.
Plusieurs manifestants, dont des ressortissants étrangers — britanniques, français, sud-coréens et grecs — ainsi que sept Kenyans, ont été interpellés lundi à Nairobi après avoir tenté de forcer l’entrée du Centre de conférences internationales Kenyatta (KICC). Les forces de sécurité kényanes ont dispersé le groupe à coups de gaz lacrymogènes et de tirs en l’air. Le média « La Nouvelle Tribune» précise que parmi les personnes appréhendées, l’activiste Julius Kamau, figure connue des milieux contestataires. Une répression musclée qui tranche singulièrement avec le discours officiel d’un sommet se réclamant du dialogue et de l’inclusion.
En marge du sommet, des organisations de la société civile kényane et panafricaine ont tenu en parallèle le Pan-Africanism Summit against Imperialism (PASAI) 2026 à Ufungamano House, qualifiant Africa Forward de tentative de repackager l’influence néocoloniale française après les revers militaires et diplomatiques essuyés par Paris au Mali, au Burkina Faso et au Niger insiste «La Nouvelle Tribune»
La contestation dans les rues a trouvé un écho inattendu à l’intérieur même du sommet. Lors d’une session tenue à l’université de Nairobi, Macron a quitté son siège pour s’emparer du micro et interpeller le public : « C’est un total manque de respect », a-t-il lancé aux participants qu’il jugeait trop bavards, suggérant à ceux qui souhaitaient tenir des discussions parallèles de sortir de la salle. La séquence, filmée et massivement relayée, a été interprétée par de nombreux mouvements panafricanistes comme l’expression d’une posture condescendante et paternaliste — exactement le type de comportement que le sommet prétendait enterrer.