
Libreville retient son souffle. Près d’un mois après son interpellation « fracassante » digne d’un film Hollywoodien, Alain-Claude Bilie-By-Nze, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2025 et ancien chef du gouvernement sous Ali Bongo Ondimba, comparaît ce mardi devant la chambre d’accusation de la capitale gabonaise. L’affaire s’annonce comme l’une des plus scrutées de ces dernières années, dans un pays où la thermomètre démocratique ne cesse de vaciller.
Les charges qui pèsent sur le deuxième à l’élection présidentielle d’avril 2025 et Président du parti politique Ensemble pour le Gabon (EPG) sont, en apparence, d’ordre strictement pénal : escroquerie aggravée portant sur 5 millions de FCFA, une affaire qui remonte à 2008 et qui ressurgit dix-huit ans plus tard avec une décision judiciaire ferme. L’enquête fait suite à une plainte déposée par une citoyenne gabonaise, portant sur le non-remboursement d’une somme engagée dans le cadre de l’organisation des festivités de la Fête des cultures. La justice affirme avoir agi en toute indépendance. Une partie de l’opposition, elle, n’y croit pas un instant.
Selon Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze a été interpellé dans des conditions qualifiées de « brutales, irrégulières et contraires aux principes élémentaires de l’État de droit », puis maintenu au secret pendant vingt-quatre heures, sans accès à ses avocats. Lors d’une conférence de presse retentissante, le parti a dénoncé sans ambages une véritable « opération politique », estimant que l’arrestation vise à bâillonner une voix critique gênante pour le pouvoir en place.
c’est donc une affaire qui sera très scrutée au sein de la société.