
Libreville, 8 mai 2026 — C’est dans une atmosphère à la fois revendicative et fraternelle que le Syndicat National des Travailleurs du Secteur Social (Synatrass) a célébré, ce vendredi, la Fête du Travail en différé au Complexe social de Libreville, en présence du ministre des Affaires sociales. Une cérémonie placée sous le signe des attentes longtemps tues, des combats persistants et d’une volonté affirmée de reconnaissance institutionnelle.
Au cœur des revendications portées par Roger Ondo Abessolo, secrétaire exécutif du Synatrass, figure une exigence centrale : l’obtention d’un statut particulier pour les agents du secteur social. Une doléance qui ne date pas d’hier, mais dont l’urgence, martelée avec vigueur par le leader syndical, résonne désormais avec une acuité nouvelle.
« Ces agents méritent une reconnaissance à la mesure de leur dévouement », a-t-il plaidé avec conviction, évoquant un régime statutaire analogue à celui dont jouissent les magistrats et d’autres corps de la fonction publique. Une équité professionnelle qui, selon lui, ne saurait être davantage différée sans compromettre la dignité et la motivation de ceux qui œuvrent, souvent dans l’ombre, au tissu social de la nation.
La petite enfance, un bastion à défendre
Autre point d’achoppement soulevé avec véhémence lors de cette rencontre : le devenir du volet « petite enfance », actuellement rattaché au ministère des Affaires sociales. Une prérogative que certaines orientations administratives pourraient, à terme, transférer au giron de l’Éducation nationale.
Pour Roger Ondo Abessolo, un tel dessaisissement constituerait une amputation supplémentaire, voire le prélude à une lente asphyxie du département ministériel. « Ce ministère abat un travail colossal pour la cohésion sociale, sans jamais chercher les projecteurs », a-t-il tonné, dénonçant une invisibilisation institutionnelle qui fragilise, à terme, l’ensemble de l’architecture sociale du pays.
La ministre tend la main
Face à ces interpellations, le Dr Armande Longo Moulengui, ministre des Affaires sociales, de la Protection de l’enfance et de la femme, a choisi la voie du dialogue constructif. Loin de se retrancher derrière les postures protocolaires, elle a affiché une disponibilité sans équivoque, exprimant sa ferme volonté de travailler aux côtés des partenaires sociaux « comme une famille » — soudée, solidaire et tournée vers l’avenir.
Prenant acte des griefs formulés avec franchise par les représentants syndicaux, la ministre a solennellement promis de ne ménager aucun effort pour améliorer les conditions des travailleurs du secteur. Une parole engagée, dont les actes prochains devront attester la sincérité.
La cheffe du département a également saisi l’occasion pour adresser ses chaleureuses félicitations au Synatrass, couronné de succès lors des récentes élections professionnelles — un plébiscite qui conforte la légitimité du syndicat dans son rôle de vigile des droits des travailleurs sociaux.