[Gabon] Élections professionnelles : Richard Ndi Bekoung dit non à la «politique de la chaise vide»

À quelques jours de la tenue des premières élections professionnelles jamais organisées au Gabon, Richard Ndi Bekoung, figure de proue du SYPROSS et poids lourd du mouvement syndical panafricain, monte au créneau. Son message aux organisations de travailleurs : tenir bon, rester en lice, et refuser la tentation du boycott.

Le compte à rebours est enclenché. Mercredi 22 avril 2026, le Gabon vivra un moment inédit dans son histoire sociale : les toutes premières élections professionnelles de son histoire. Un rendez-vous historique que certaines centrales syndicales envisageaient de bouder. C’était sans compter sur la voix de Richard Ndi Bekoung. Le président du (SYPROSS), Syndicat des Professionnels de la Sécurité Sociale et Secrétaire permanent de la (FESTAC), la Fédération des syndicats des travailleurs des pays affiliés à la CIPRES, a choisi de rompre le silence dans une déclaration solennelle adressée à l’ensemble des travailleurs des secteurs public, parapublic et privé. Son mot d’ordre est limpide, presque martial : maintenir les candidatures. Ne pas abandonner le terrain. Résister à la désertion.

depuis plusieurs semaines, la grogne enfle dans les rangs du mouvement syndical gabonais. De nombreuses fédérations et centrales pointent du doigt des conditions d’organisation jugées « opaques », décriant pêle-mêle l’absence d’un cadre juridique clair et la défaillance d’un dispositif réglementaire véritablement consensuel. Ces griefs, loin d’être balayés d’un revers de main, Ndi Bekoung affirme les « partager pleinement ». Une posture d’honnêteté intellectuelle remarquée, qui confère à sa prise de position un poids singulier : l’homme ne plaide pas pour un scrutin parfait — il plaide pour un scrutin investi

le danger, à ses yeux, n’est pas tant dans les imperfections procédurales que dans le vide qu’un retrait massif laisserait béant. Faute de combattants aguerris dans l’arène, ce sont les formations « fantômes » — ces syndicats de façade, dépourvus de toute légitimité de terrain — qui ramasseraient les suffrages par défaut, s’érigeant en interlocuteurs officiels sans jamais avoir défendu un seul travailleur.

La politique de la chaise vide : un luxe que nul ne peut se permettre

Le syndicaliste chevronné convoque une logique implacable : un boycott, aussi légitime soit-il dans son inspiration, porte en lui les germes de sa propre défaite. « Un retrait massif risquerait de servir les intérêts des organisateurs du scrutin et de fragiliser davantage la représentation syndicale authentique », martèle-t-il. Autrement dit, déserter les urnes, c’est offrir sur un plateau d’argent la légitimité institutionnelle à ceux qui n’en méritent aucune.

L’enjeu proclamé de ces élections est pourtant fondamental : désigner « les représentants légitimes des travailleurs pour défendre leurs droits, leurs intérêts et leurs conditions de travail ». Une ambition que seule la participation peut honorer. Ndi Bekoung le formule avec la force d’un appel solennel, presque un cri de ralliement lancé à ses « frères de lutte » : « Déposez vos candidatures. Investissez les bureaux de vote. Que votre voix ne soit pas confisquée par votre absence. »

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