
C’est un signal d’alarme retentissant qu’ont lancé les partenaires sociaux gabonais. Vendredi 10 avril 2026, seize confédérations syndicales rassemblées au sein du collectif G17 ont tenu une déclaration de presse à Libreville, dénonçant avec véhémence les conditions chaotiques dans lesquelles s’annoncent les prochaines élections professionnelles, attendues d’ici la fin avril.
« Nous avons constaté avec regret que malgré la tenue de la commission préparatoire, il existe toujours une forme d’imbroglio sur les modalités pratiques de ces élections, car ni le format des élections, ni la définition de la qualité de candidat, encore moins les électeurs ne sont clairement énoncés », a indiqué Rubain Zoukoué Ella, président de la Cosynap, porte-parole des confédérations.
Le gouvernement accusé de jouer en solo
Au-delà du «flou procédural», c’est le mode opératoire de l’exécutif qui cristallise la colère des confédérations. Le G17 accuse le gouvernement de fonctionner en vase clos, excluant de facto les premiers concernés de toute concertation sérieuse.
« Nous avons observé que le gouvernement, pour l’organisation des élections dont nous sommes les principaux acteurs, fonctionne en toute opacité et tente de tout décider de manière unilatérale. Ce qui nous amène à soupçonner un passage en force de leur part. ». Une posture jugée inacceptable par des organisations qui revendiquent leur place centrale dans le processus.
Un arrêté controversé au cœur de la discorde?
L’étincelle qui a mis le feu aux poudres ? L’arrêté n° 007/MDPHFP du 20 mars 2026, portant dérogation exceptionnelle au délai légal d’organisation des élections professionnelles dans les entreprises — et ce, sans concertation juridique préalable digne de ce nom.
Pour le G17, ce texte révèlerait une intention inavouée : organiser des élections au format de délégués du personnel, alors même que les textes régissant la fonction publique ne le prévoient pas explicitement. Une manœuvre que les syndicats n’entendent pas laisser passer sans réaction.
Boycott sur la table si le flou persiste
Face à cette « cacophonie » institutionnelle, les seize confédérations haussent le ton et posent un ultimatum clair : sans clarification des conditions du scrutin, elles refuseront d’y participer.
Elles réclament en urgence la mise en place d’une commission préparatoire inclusive, ainsi qu’un cadre juridique formel — une loi électorale exhaustive — qui devra impérativement définir : L’organe officiel chargé d’organiser les élections ; le format électoral retenu ; la date du scrutin et la période de campagne.
Aussi, elles souhaitent voir les critères d’éligibilité et la composition des dossiers de candidature ; les modalités de vérification, validation et publication des candidatures. À celà, elles ajoutent l’élaboration des listes électorales ; l’identification des entreprises privées et des administrations publiques et parapubliques concernées.
et pour finir, elles voudraient voir la définition du nombre de commissions électorales et des seuils de représentativité ; le financement de la campagne électorale.