Situation critique à la RTN : Georges Bruno Ngoussi en appelle à la bienveillance des pouvoirs publics

Libreville, le 8 avril 2026 — Quelques jours après le déclenchement d’un mouvement d’humeur paralysant les activités de la Radio Télévision Nazareth, son président fondateur, Georges Bruno Ngoussi, a brisé le silence. Face à une crise qui s’enlise depuis une décennie, l’homme de Dieu a livré, avec une franchise désarmante, sa part de vérité — et un appel pressant aux plus hautes sphères de l’État.

Ce n’est pas une simple turbulence passagère que traverse la RTN, mais bien une hémorragie lente et douloureuse, dont les racines plongent dans les convulsions politiques de 2016. Impossible, pour Georges Bruno Ngoussi, de demeurer sourd aux cris d’alarme de ses collaborateurs — des hommes et des femmes qui ont consacré leur existence à cette institution audiovisuelle, au point d’en faire une seconde demeure.

S’exprimant à cœur ouvert, le président fondateur du groupe RTN est revenu sur la genèse de ce naufrage : une descente de commandos, opérée avec une brutalité déconcertante, dont l’objectif inavoué semblait être l’anéantissement pur et simple de la chaîne. Une hypothèse d’autant plus troublante que, quelques mois à peine avant cet assaut dévastateur, la télévision avait procédé à l’acquisition de nouveaux équipements flambant neufs. La chaîne se portait bien. Elle vivait de son activité. Puis tout a basculé.

Les stigmates indélébiles de 2016

Dix ans ont beau s’être écoulés, les plaies demeurent béantes. Une visite guidée des locaux sinistrés en témoigne avec une éloquence saisissante : impacts de balles incrustés dans les murs, traces de fumée noircissant les cloisons, matériel mis en pièces — la salle de rédaction, le plateau télévisé, la régie technique, la salle de réunion conservent tous les stigmates de cette nuit funeste.

Une grenade, lancée avec une précision meurtrière au cœur de la salle de production, a réduit en éclats le matériel haute définition — fleuron technologique de l’époque. Il aura fallu patienter jusqu’en 2017 pour que la station radio reprenne timidement ses émissions, fonctionnant aujourd’hui avec des équipements obsolètes et une infrastructure chancelante, loin, très loin des standards contemporains de la radiodiffusion.

L’État, dernier rempart contre l’effondrement

Face à ce tableau alarmant, Georges Bruno Ngoussi place ses derniers espoirs dans une intervention diligente et volontariste des autorités de la cinquième République. Laisser périr la RTN comme ce fut le cas pour Télé Africa constituerait, selon lui, un renoncement inadmissible — une faute historique envers le paysage audiovisuel gabonais.

Armand Eva Mba, rédacteur en chef de la chaîne, a quant à lui élargi le débat avec une acuité redoutable. Au-delà des revendications salariales légitimes et maintes fois dénoncées, il a interpellé le gouvernement sur une lacune criante : le dispositif de subvention aux médias, restauré à hauteur de 500 millions de francs CFA depuis la prise de pouvoir par les forces de l’ordre au pouvoir en août 2023 après une élection présidentielle jugée « truquée», continue d’exclure systématiquement l’audiovisuel, ne bénéficiant qu’à la presse écrite et numérique.

Il a profité de l’occasion pour interpeller les nouvelles autorités à réellement se pencher sur la situation des médias privés qui traversent eux-aussi des difficultés financières ces derniers temps. Car, lorsqu’un médias met la clé sous le paillasson, c’est la démocratie qui se réduit, c’est un moyen d’expression qui disparaît.

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