
Du 23 au 27 mars 2026, Libreville accueillait la douzième édition du Colloque international organisé par le Laboratoire de Recherche en Sciences de Gestion (LARSIG) de l’IST, en partenariat avec le LIAGE (Institut de Gestion), le CERDIMO (UOB et Sup de Com), Excelia Business School et Studia Sup, sous la présidence du Professeur Jean Moussavou. Placé sous le thème fédérateur « Intelligence artificielle et dynamiques des organisations : enjeux, défis et perspectives », cet événement phare de la recherche francophone en Afrique centrale rassemblait des chercheurs, enseignants et décideurs venus de tout le continent pour interroger, pendant cinq jours, les mutations profondes que l’IA impose aux structures économiques, sociales et culturelles africaines.
Parmi les temps forts figurait une table ronde particulièrement attendue, consacrée aux similitudes et divergences entre l’Iboga — plante sacrée du Gabon, vecteur de savoirs initiatiques dans la tradition Bwiti — et l’intelligence artificielle. L’enseignant-chercheur Hugues Maganga et les autres intervenants relevaient d’abord une première convergence fondamentale entre les deux univers : tous deux évoluent dans le domaine de l’immatériel. Ni l’Iboga dans sa dimension spirituelle, ni l’intelligence artificielle dans son fonctionnement algorithmique ne se laissent appréhender par le toucher ou par les sens ordinaires. L’un comme l’autre opèrent dans un espace que l’être humain ne peut ni saisir ni mesurer de manière tangible.
Le second point de convergence que les panélistes mettaient en lumière était tout aussi significatif : l’Iboga et l’IA constituent tous deux des moyens permettant à l’être humain d’accéder à des informations sur un sujet spécifique. L’un par la voie de la plante et du rituel, l’autre par le traitement automatisé de données massives — les deux systèmes se présentent comme des outils de connaissance, des médiums par lesquels l’homme cherche à mieux comprendre le monde qui l’entoure.
Cependant, les divergences apparaissent tout aussi profondes que les ressemblances. L’intelligence artificielle, aussi puissante soit-elle, ne peut aller au-delà de ce que l’homme a lui-même introduit dans ses bases de données. Son travail demeure intrinsèquement limité : là où aucune information n’a été stockée dans ses disques durs, elle est incapable d’en inventer. Elle reste prisonnière du savoir humain déjà constitué, dépendante de celui qui l’a nourrie, condamnée à rester en deçà de ce que ses créateurs n’ont pas encore pensé ni consigné.
L’Iboga, lui, obéit à une tout autre logique. Contrairement à l’intelligence artificielle, il ne dépend pas de l’homme, mais du Créateur du monde. Il permet à celui qui s’y soumet de se découvrir lui-même dans les profondeurs de son être, d’accéder à des informations sur le monde visible et invisible qui l’entoure, bien au-delà de ce que la mémoire collective humaine n’a jamais pu encoder. Là où l’IA se heurte à ses propres frontières, l’Iboga tend, lui, vers l’infini — ouvrant des portes que nulle base de données n’a pu répertorier, et révélant des vérités que nul ingénieur n’aurait pu anticiper sur le plan de la conscience modifiée, de la supra conscience.