
Après 28 éditions majoritairement disputées dans la capitale, la mythique Coupe Baby Champion de taekwondo quitte provisoirement ses tatamis habituels du Palais des sports de Libreville pour poser ses valises à Lambaréné (Moyen-Ogooué) les 4 et 5 avril 2026. Une première décentralisation qui signe l’ambition croissante d’un tournoi devenu véritable institution du sport gabonais.
La piste de Lambaréné résonnera bientôt de cris de guerre et de pieds en mouvement. Les 4 et 5 avril 2026, la ville du Moyen-Ogooué s’apprête à vibrer au rythme des combats de kyorugi et des enchaînements de poomsae, lors de cette 29e édition de la Coupe Baby Champion. Organisée sous l’égide de l’Association gabonaise de taekwondo et arts martiaux associés (AGATAMA) en partenariat avec le ministère de sports, cette étape marque une inflexion notable dans la trajectoire de la compétition : pour la première fois, l’événement migre hors de la capitale afin de rayonner à travers les provinces.
Un rendez-vous décentralisé, pas annulé à Libreville
Que les fidèles de la grande fête du taekwondo librévillois se rassurent : cette délocalisation ne signe en aucune façon la fin du rendez-vous annuel dans la capitale. Joël Nguema, président de la ligue de l’Estuaire, l’a affirmé avec clarté lors de la dernière réunion des responsables de clubs : le grand rassemblement de Libreville, qui se tient traditionnellement entre juin et juillet, demeure inscrit au calendrier. L’étape de Lambaréné est une édition à part entière, un élan supplémentaire — et non un substitut. Les athlètes de l’Estuaire désireux d’y prendre part sont néanmoins invités à se manifester sans tarder, le rendez-vous de l’intérieur étant prioritairement réservé aux compétiteurs des provinces.
Trente ans d’histoire, un rêve devenu institution
Née en 1996 du rêve visionnaire du Grand Maître Fulbert Ollomo Edzang, co-fondée avec le regretté Maître Bouddha Cardot — figure tutélaire des arts martiaux gabonais disparue en 2010 —, Baby Champion a su, au fil de ses trois décennies d’existence, s’imposer comme la compétition de référence du taekwondo national pour la jeunesse. Portée dès l’origine par la devise « Honneur, Travail, Discipline », elle a progressivement élargi son spectre, passant d’un tournoi ouvert aux 3-12 ans à une compétition embrassant désormais toutes les catégories de 3 à 16 ans, intégrant juniors et espoirs en ligne de mire des grandes échéances internationales.
Élizabeth Dovy : la marraine fidèle au poste
Marraine de la compétition pour la troisième édition consécutive, Élizabeth Dovy incarne le visage institutionnel et humain de Baby Champion. Fervente défenseure des vertus éducatives du sport martial, elle n’a cessé d’appeler à une mobilisation accrue des jeunes filles et des sponsors au service d’une ambition qui résonne comme un programme : faire du Gabon une nation de champions. Son engagement dépasse le simple parrainage symbolique — il traduit une conviction profonde quant au rôle du taekwondo comme vecteur de discipline, d’épanouissement et de réussite sociale pour la jeunesse gabonaise.
En s’exportant vers Lambaréné pour cette 29e édition, Baby Champion confirme que son ambition ne se cantonne plus aux frontières d’une seule ville. En cohérence avec le slogan qui orne ses affiches depuis des années — « Pour que le Gabon devienne une nation de champions » — le tournoi poursuit inlassablement sa mission : débusquer les pépites, forger les caractères et offrir à chaque jeune Gabonais, quelle que soit sa province d’origine, le droit de rêver en grand sous les couleurs de son pays.