Martine Oulabou sacrifiée pour l’éducation : le STRIMM salue la mémoire d’une enseignante héroïque

Libreville, le 23 mars 2026 — En ce lundi consacré à la célébration mondiale des bâtisseurs du savoir, le Secrétaire général du Syndicat des Travailleurs des Industries Minières et Métallurgiques (STRIMM), Joscelain Lebama, a choisi de transcender les frontières de sa corporation pour rendre un hommage poignant à l’ensemble du corps enseignant — et plus particulièrement à Martine Oulabou, enseignante fauchée en plein élan militant.

C’est par une lettre ouverte d’une rare intensité que Joscelain Lebama a pris la parole. Un texte qui déborde des frontières syndicales habituelles pour atteindre l’universel. Dans sa prose empreinte d’une gravité solennelle, le Secrétaire général du STRIMM ne se contente pas d’un éloge funèbre convenu. Il formule une exigence de continuité : celle de perpétuer le combat, dans les mines, dans les usines, dans les amphithéâtres et les classes — partout où des êtres humains se dressent pour exiger le respect de leur dignité.« Nous te devons la continuité du combat », écrit-il à l’adresse de la défunte, convoquant sa mémoire non comme une relique figée, mais comme une force agissante, invisible et pourtant omniprésente dans chaque lutte présente et à venir.

Martine Oulabou, une flamme que rien ne consume

En mars 1992, dans les artères fiévreuses de Libreville, cette enseignante engagée marchait aux côtés de ses camarades syndicalistes pour réclamer une chose fondamentale : la dignité. Celle de vivre décemment de son labeur. Celle d’être entendue. Celle d’exister pleinement en tant que travailleuse. La réponse des autorités fut d’une brutalité consternante. Une balle mit fin à son élan, à son souffle, à sa présence physique. Une balle tirée contre une femme désarmée. Une balle contre l’espoir incarné.

Mais comme le souligne avec force Joscelain Lebama dans sa lettre : « ils n’ont pas réussi à la faire taire. » Car depuis ce jour fatidique, le nom de Martine Oulabou est devenu un étendard, une boussole morale pour tous ceux qui refusent de plier l’échine face à l’injustice.

Le 23 mars, journée mondiale dédiée aux architectes du savoir

Instituée en 1994 par l’UNESCO, la Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque 5 octobre à l’échelle planétaire, trouve au Gabon une résonance toute particulière le 23 mars. Cette date n’est pas anodine : elle commémore la mémoire des femmes et des hommes qui ont consacré leur existence — et parfois sacrifié leur vie — à l’édification intellectuelle de la nation. Car si l’école forge les esprits, ce sont bien les enseignants qui en constituent l’âme irremplaçable.

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