Journée de l’enseignant : Marcel Libama exhorte les autorités à mettre fin au calvaire d’une profession «martyrisée»

Voix retentissante du monde enseignant gabonais, le syndicaliste Marcel Libama a, ce lundi 23 mars 2026 journée symboliquement dédiée à l’enseignant, une nouvelle fois fait résonner son cri d’alarme. À l’heure où les négociations s’amorcent, il interpelle les plus hautes sphères du pouvoir : la réforme engagée ne doit pas rester lettre morte.

Le front syndical ne désarme pas. Marcel Libama, figure emblématique du mouvement SOS Éducation La Base ce collectif qui a ébranlé le système éducatif gabonais dès l’entame du premier trimestre, a choisi cette date hautement symbolique pour marteler un message sans équivoque : les professionnels de la craie ne sauraient se contenter de demi-mesures. Connu pour sa combativité et son intransigeance face aux injustices, le leader syndical réclame une prise en charge intégrale et définitive des situations administratives des enseignants, trop longtemps laissées en suspens.

Un traitement « misérabiliste » dénoncé avec véhémence

Saisissant l’occasion de cette journée commémorative, Libama n’a pas mâché ses mots pour fustiger ce qu’il qualifie de traitement misérabiliste infligé à ceux qui façonnent, jour après jour, les intelligences et les compétences du pays. Plus cinglant encore, il pointe l’ingratitude de certains décideurs :« Il est malheureux de constater que ce sont des personnes issues de notre moule qui sont promptes, une fois placées aux responsabilités de l’État, à piétiner et ignorer ceux et celles sans qui elles n’auraient guère pu justifier les aptitudes à la base de leur situation de privilégiés. »

Une charge frontale, aussi douloureuse qu’implacable, qui met en lumière le paradoxe criant d’un système où les architectes du savoir demeurent les grands oubliés de la République.

Reconstruire l’École sur des fondations nouvelles

Pour le syndicaliste, le constat est sans appel : l’École de la République est gravement malade de l’intérieur. Elle ne peut être sauvée par des rustines ou des replâtrages conjoncturels. Elle appelle une refondation profonde, bâtie sur des bases consensuelles, solides et résolument novatrices, à même de répondre aux légitimes ambitions d’un Gabon en quête de renouveau.C’est précisément cette grande ambition que portait, jusqu’au sacrifice ultime, Martine Oulabou Mbadinga, enseignante dont la mémoire hante encore les couloirs de cette lutte.

« Son sang crie du sein de la terre de son pays, parce qu’il attend des réponses à la hauteur du sacrifice consenti », a-t-il lancé.

Quitter la version mobile