National 2 – Gabon | Le CF Mounana renaît de ses cendres et frappe fort sur le mercato

Après une traversée du désert aussi douloureuse qu’éprouvante, le centre de formation de Mounana, fleuron historique du football gabonais, amorce sa reconstruction avec une ambition sans équivoque : reconquérir les sommets depuis les entrailles de la deuxième division.

Pour aborder ce nouveau chapitre, la direction du CF Mounana n’a pas lésiné sur les moyens. Un recrutement ciblé, méthodique et de haute tenue a été orchestré, visant à doter l’équipe d’un effectif taillé pour l’ascension immédiate.

Sur le banc de touche, la barre technique a été confiée à Pierre Ndomba, un technicien aguerri dont le nom résonne dans les cercles du football gabonais. Pierre Ndomba fait partie de ces joueurs d’hier devenus éducateurs d’aujourd’hui, formés dans l’esprit de famille inculqué par le CF Mounana, et chargés désormais de transmettre les valeurs qui ont permis au club de gravir les échelons du football gabonais. Il sera épaulé par Fabrice Minko, son adjoint, pour constituer un binôme technique solide et complémentaire.

En défense, les nouvelles recrues imposent déjà leur stature :Mavicka Nziengui, latéral gauche gabonais, apportera vitesse et projection offensive sur le couloir.Franck Obambou, défenseur central international gabonais, est la pierre angulaire d’une charnière appelée à être hermétique. En attaque, la direction a frappé un grand coup avec l’arrivée de Johan Lengoualama, avant-centre international gabonais, dont le sens du but aiguisé devra illuminer les travées du National 2.

Une résurrection après la tourmente

Le CF Mounana — autrefois triple champion du Gabon et fer de lance du National Foot 1 — vit depuis plusieurs mois sous le signe de la rédemption. La relégation en deuxième division est tombée comme un couperet à l’issue d’une saison cauchemardesque, le club n’ayant jamais su redresser la barre avec seulement 18 points et une différence de buts éloquemment négative.

Au cœur de cette désintégration sportive, une crise institutionnelle d’une rare violence. Privé de son principal bailleur de fonds, le club n’a jamais trouvé la stabilité nécessaire pour performer sur le terrain. Les conséquences de cette désorganisation se sont fait sentir tout au long de la saison : une défense fébrile, une attaque muette, un vestiaire sans cap clair.

L’absence prolongée d’Hervé Patrick Opiangah a mis en péril la dynamique du club, avec des salaires impayés et un encadrement sous pression constante. Aujourd’hui blanchi, le président-fondateur peut enfin envisager l’avenir, et avec lui, toute une cité de Mounana qui vibre au rythme de son club.

Mounana, ou l’éternel retour

Entre Hervé Patrick Opiangah et le football gabonais, l’histoire a commencé très tôt. Fin des années 90, le public universitaire vibrait déjà aux exploits de ses équipes. Après avoir créé le Centre de Formation de football de Mounana en 2006, il a su bâtir en deux ans seulement une équipe capable de remporter le titre de champion — un exploit jamais réalisé auparavant au Gabon.

Cette culture de la victoire, ancrée dans l’ADN même du club, constitue aujourd’hui le socle sur lequel le CF Mounana entend rebâtir son empire. La D2, pour cette formation aux dents longues, n’est qu’un purgatoire. L’élite, elle, demeure l’horizon indépassable.

Le CF Mounana est de retour. Et il compte bien le faire savoir.

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